Protège-gouttière : pour ou contre sous le climat québécois ?

Protège-gouttière : pour ou contre sous le climat québécois ?

Le nettoyage à la main depuis l’échelle : c’est exactement ce qu’un protège-gouttière cherche à espacer. Photo : U.S. Fish and Wildlife Service, domaine public.

Un protège-gouttière vaut-il vraiment son prix sous le climat québécois ? Les fabricants promettent la fin des nettoyages. Les sceptiques répondent qu’on ne fait que déplacer le problème sur le dessus de la grille. Les deux camps ont en partie raison, et la bonne réponse dépend moins du produit que de ce qui tombe sur votre toit.

Pour trancher, il faut d’abord regarder les débris qu’on veut arrêter. Une maison de Laval sous un grand érable ne reçoit pas la même chose qu’un chalet entouré de pins, et ce n’est pas le même protège-gouttière qui convient. Les entreprises qui posent ces dispositifs à longueur d’année, comme cette entreprise d’entretien extérieur de Laval et de la Rive-Nord qui installe des grillages en métal, commencent d’ailleurs toujours par nettoyer la gouttière et regarder les arbres avant de recommander quoi que ce soit.

Les arguments pour : moins d’échelle, moins de débordements

Le premier avantage est simple : moins de montées à l’échelle. Une gouttière ouverte sous des feuillus se nettoie au moins une fois par an au Québec, souvent deux. Un bon protège-gouttière peut ramener cette fréquence à une inspection et un coup de brosse sur le dessus, et donc moins d’occasions de tomber.

Le deuxième avantage est moins visible. Une gouttière qui reste dégagée évacue l’eau vers les descentes au lieu de déborder au pied du mur. Moins de débordements, c’est moins d’eau contre la fondation, moins de fascias qui pourrissent et moins de glace en bordure de toit l’hiver. Les grilles bloquent aussi les nids d’oiseaux et les petits rongeurs qui adorent les gouttières pleines de feuilles.

Les arguments contre : coût, petits débris et hiver

Le coût d’abord. Les modèles vendus en longueurs chez RONA ou Home Depot restent abordables, mais les systèmes posés par un installateur se paient au pied linéaire, et la facture grimpe vite sur une maison à deux étages.

Ensuite, aucun protège-gouttière n’élimine tout l’entretien. Les aiguilles de pin, les samares d’érable et les granules de bardeaux passent à travers les grilles trop larges ou se collent sur le dessus des grilles fines. Les feuilles détrempées forment parfois un tapis qui laisse l’eau glisser par-dessus lors des grosses averses.

L’hiver, enfin, est le vrai test. Neige et glace pèsent lourd sur une gouttière. Un protège-gouttière en plastique simplement déposé peut se déformer ou se décrocher. Et certains modèles retiennent la neige sur le dessus, ce qui peut aggraver la glace en bordure de toit au lieu de la réduire.

Ce que chaque type fait bien, et moins bien

Le marché se divise en cinq grandes familles, et chacune répond à un problème différent.

  • La brosse. Elle s’insère dans la gouttière, les débris restent pris dans les poils et l’eau passe dessous. Facile à poser soi-même, elle se colmate vite sous les petits débris et demande d’être retirée et secouée régulièrement.
  • La mousse. Un bloc poreux qui remplit la gouttière. Bon marché et simple, mais les débris s’accumulent dessus, il garde l’humidité et se dégrade après quelques saisons.
  • La grille perforée. Une plaque de métal ou de plastique posée sur la gouttière. Efficace contre les feuilles d’érable, moins contre les aiguilles. En aluminium et vissée, elle supporte bien mieux la neige que la version plastique déposée.
  • La micro-maille. Une toile en acier inoxydable très fine, comme celle des systèmes LeafFilter. Elle arrête presque tout, y compris les aiguilles, mais son dessus doit être brossé de temps en temps et elle coûte plus cher.
  • Le capot à courbe inversée. Popularisé par des marques comme Gutter Helmet, il couvre complètement la gouttière et l’eau s’enroule dans une fente. Très propre visuellement, mais en cas d’averse violente l’eau peut sauter par-dessus, et la pose exige un installateur.
Gouttière en métal sous un toit de bardeaux, avec un amas de feuilles mortes dans le fond
Il suffit de quelques poignées de feuilles au mauvais endroit pour freiner tout l’écoulement d’une longueur de gouttière. Photo : National Park Service, domaine public.

Le verdict : regardez vos arbres, pas la publicité

Sous des feuillus comme l’érable ou le chêne, une grille en métal bien fixée offre le meilleur rapport entre prix, solidité en hiver et entretien. Sous des pins et des épinettes, seule une maille fine arrête vraiment les aiguilles. Sans arbre au-dessus du toit, un protège-gouttière n’apporte presque rien : un nettoyage annuel suffit.

Dans tous les cas, deux conditions ne se négocient pas. La gouttière doit être propre, droite et en bon état avant la pose, sinon on enferme le problème sous la grille. Et il faut prévoir une inspection par an, idéalement à la fin de l’automne. Un protège-gouttière espace l’entretien, il ne le supprime pas. Qui accepte ce compromis en sera satisfait. Qui espère ne plus jamais regarder ses gouttières sera déçu.

À lire aussi sur le blog